La recherche suisse maintient un cap soutenu, si l'on en croit les chiffres publiés la semaine dernière par l'Office fédéral de la statistique (OFS) et EconomieSuisse. Ainsi, les entreprises privées ont dépensé près de 12 milliards de francs pour les activités de recherche et développement (R&D) qu'elles ont menées en Suisse en 2008. Ce montant est supérieur de 2,3 milliards (+24%) aux dépenses enregistrées en 2004 (9,6 milliards), année du dernier relevé. Ce chiffre représente environ 2,2% du produit intérieur brut (PIB), la moyenne des pays de l'Union européenne se fixant à 1,1%. Ce résultat permet à la Suisse de se maintenir dans le haut du classement au niveau mondial, soit à la 6e place.
Internationalisation
L'enquête a surtout révélé une claire internationalisation de la R&D. Les dépenses effectuées à l'étranger par les filiales des entreprises suisses ont augmenté de 64% en quatre ans pour atteindre le niveau record de 15,8 milliards de francs. Elles dépassent de la sorte largement le montant des dépenses consacrées à la R&D intra-muros en Suisse (2008: 12 milliards), note l'OFS.
Pour Rudolf Minsch, chef de la division économie à EconomieSuisse interrogé par l'agence AP, cela ne signifie pas que les multinationales tournent le dos à la recherche suisse. Mais elles cherchent les meilleures conditions à l'échelle mondiale.
Rudolf Minsch constate cependant que la hausse supérieure à la moyenne des dépenses de recherche à l'étranger «n'a pas cannibalisé la recherche helvétique». «L'évolution reflète plutôt la mondialisation de l'ensemble de la chaîne de création de valeur, y compris dans le domaine de la recherche et du développement», selon le spécialiste d'EconomieSuisse. Et de noter au passage qu'une part considérable de l'augmentation des dépenses de recherche intra-muros à l'étranger s'explique par des rachats d'entreprises et l'intégration de groupes de recherche extérieurs ou de start-up axées sur la recherche.
Pharmas très actives
Les dépenses de R&D intra-muros se concentrent sur un nombre relativement restreint de branches en Suisse. Avec un montant de 4,6 milliards, la branche Pharmacie effectue à elle seule plus du tiers du total de ces investissements. Avec des dépenses de 1,4 milliard, la branche Machine reste le deuxième acteur le plus important. Toutefois, les dépenses intra-muros du secteur ont reculé de 12,5% par rapport à 2004.
«Le dynamisme des activités de R&D, note enfin l'OFS, permet une progression de 20% des emplois par rapport à 2004. Avec 39 832 emplois, l'année 2008 constitue un nouveau sommet.»