Thursday 14 July 2011 / Eliane Schneideroffice De L’orientation,la Formation Professionnelleet Continue (ofpc)
Office De L’orientation,
«Développer un projet en situation réelle est une expérience unique pour nos étudiants, qui leur permet d'apprendre dans des conditions concrètes en mélangeant les perspectives de travail des différentes filières professionnelles.» Laurent Essig, professeur HES et responsable de projet, est fier du travail accompli par les quelque 300 étudiants qui ont été mobilisés cette année au Paléo. Pour cette septième année de collaboration avec le célèbre festival nyonnais, la Haute école spécialisée de Suisse occidentale (HES-SO) a mis sur pied pas moins de 16 projets, autour du thème de la Suisse légendaire.
Un travail audacieux
«Pour oser sortir ainsi de son quotidien, il faut de l'audace, de la créativité et la volonté de tout entreprendre pour que les projets arrivent à leur terme, explique Laurent Essig. Le public a des attentes et, chaque année, nous relevons le niveau de notre contribution par la quantité et la qualité des travaux proposés. Paléo est une fenêtre ouverte sur une face nouvelle de la formation, qui amène de l'air frais dans les couloirs des HES.»
Sur le thème générique «Legendary Switzerland… l'art du découpage», le public pourra vivre toutes sortes d'expériences ludiques (lire l'encadré). Une imposante construction, «Woodblock», composée de 10 000 palettes de bois, trônera au centre du Festival. Une grotte? Un réduit secret? La face cachée de la Suisse? «J'ai passé plus de six mois sur ce projet pour conceptualiser, puis optimiser la construction de la structure, en assurant l'aspect statique de ses nombreux éléments, s'enthousiasme Patrick Peter, étudiant HES en génie civil. Et, aujourd'hui, sur le terrain, j'apprends à jouer avec les besoins et les contraintes des architectes. Nos perceptions sont différentes. L'architecte se demande: à quoi cela va-t-il ressembler? Et l'ingénieur en génie civil s'interroge: comment faire tenir solidement ensemble toutes ces palettes?»
Plus de 100 000 spectateurs pourront admirer cette métaphore de la Suisse, faite d'arches et de grandes montagnes abritant huit projets spécifiques, parmi lesquels Swisscut, qui propose des interventions artistiques décalées sur les légendes et mythes suisses. On trouvera aussi «Que du bonheur», projet conçu pour l'Exposition nationale de 1964 et qui avait subi les foudres de la censure. En 2011, au Paléo, les festivaliers seront invités à se questionner de manière amusante, surprenante ou provocatrice sur leur perception du «bonheur suisse». Les résultats seront ensuite diffusés sur les réseaux sociaux. Le public pourra aussi s'immerger dans le «Body trip», une salle obscure où des projections d'imageries médicales (radiographies, IRM) feront vivre aux visiteurs la sensation d'un voyage à l'intérieur de leur propre corps.
De la Suisse à l'Europe
La HES-SO est la seule école en Europe à oser, à cette échelle, une telle expérience. «Aujourd'hui, des hautes écoles françaises, notamment, nous approchent pour s'approprier cette culture nouvelle de la formation», explique Laurent Essig.
Une expérimentation qui requiert, au-delà de la technique professionnelle, un travail intense et une générosité tant de la part des étudiants que des enseignants qui s'investissent sur le terrain sans compter leur temps ni leur énergie.