Logo JobUP industrie, Online job offers

Lausanne et Genève innovent

Wednesday 1 June 2011 / Etienne Oppliger

Un cursus certifiant pour les Services industriels de Genève a été mis sur pied par la Formation continue UNIL-EPFL

Nouveauté en Suisse, une collaboration initiée entre une université (en l'occurrence la Formation continue UNIL-EPFL) et une entreprise (les Services industriels de Genève, SIG) a donné naissance à une certification d'études avancées (CAS) en management et leadership.

Les premiers certificats seront décernés l'année prochaine. Et sur la base de cette expérience réalisée avec une première volée d'étudiants genevois, la fondation de la Formation continue décidera si elle élargit cette collaboration intraentreprises, avec des programmes fermés, à d'autres sociétés. Ou si elle limite son offre à des programmes ouverts réunissant sous un toit commun les collaborateurs de plusieurs entreprises. «Mais plusieurs d'entre elles ont déjà manifesté leur intérêt pour ce nouveau cursus universitaire certifiant qui est adapté à leur spécificité et à leurs besoins», se félicite le professeur Daniel Oyon, qui dirige le cycle de formation.

Le formidable développement du campus situé entre Dorigny et Ecublens, où plus de 30 000 personnes étudient et travaillent quotidiennement, et, surtout, l'implantation progressive d'entreprises actives entre autres dans les services bancaires et l'informatique, sur un site qui leur offre un formidable réservoir de matière grise, ouvre également d'intéressantes perspectives à la formation post-graduée.

«Les SIG, ce sont quelque 1700 collaborateurs, un éventail hétéroclite de 140 métiers et trois secteurs d'activité – l'eau, l'électricité et le gaz – qui, longtemps, ont vécu dans un certain isolement, constate de son côté le directeur général André Hurter. Or, la nécessité d'une fertilisation au sein de l'entreprise est devenue de plus en plus grande. Le programme de formation «Campus SIG» doit donner des cadres qui sont bien dans leurs baskets. Il permet de créer une unité de doctrine en matière de conduite des collaborateurs pour des entités et des services qui sont très différents les uns des autres car ces collaborateurs sont engagés ensemble dans la même mission de service public des SIG et nos clients sont tous situés au coeur de nos activités.»

Une étroite collaboration entre les SIG et leurs cadres, d'un côté, et la Formation continue, de l'autre, a permis tout d'abord de définir les profils de compétence des premiers, de créer un programme adapté à leurs besoins et de sélectionner les enseignants, ainsi que les intervenants pour le travail de la pratique. Il en a résulté un cursus qui s'articule autour de trois axes: le manager et ses outils, le manager entrepreneur et le manager et ses collaborateurs. Les cours sont donnés à Genève non seulement par des professeurs lausannois, mais également par des enseignants des universités de Genève et de Neuchâtel. Le programme est réparti sur trois ans à raison de quinze jours de théorie et vingt-six jours de stage aussi bien dans d'autres services de l'entreprise qu'à l'extérieur. Il donne droit à 12 crédits ECTS dans le système Bologne et débouche sur le certificat d'études avancées HEC.

Source d'enrichissement

Une centaine de cadres de l'entreprise sont concernés par ce programme, tout en demeurant libres d'y participer ou non. Participant à la première volée, Flore Deferne Kobel constate que ce programme fermé lui a tout d'abord permis de mieux connaître ses collègues des autres services; des réseaux d'information et un système de parrainage ont même été développés entre eux. Les échanges d'expériences avec des cadres travaillant dans des domaines (la vente, par exemple) totalement différents du sien (les projets réseaux et ouvrages) sont une source d'enrichissement particulièrement bienvenue pour qui travaille dans une entreprise comme les SIG. Ils répondent à ce besoin de fertilisation souhaitée par André Hurter.

Quant aux deux jours passés à la tête d'une entreprise active dans la réinsertion professionnelle et spécialisée dans la fabrication de cartonnage, ils ne représentaient pas la partie la plus facile du programme. Ils ont aussi incité les participants à «Campus SIG» à «sortir la tête du guidon», reconnaît Flore Deferne Kobel.